Chute de cheveux : les 9 causes possibles, et comment trouver la vôtre

Mis à jour le 3 octobre 2026 · par Eva

Des cheveux plein la brosse, la douche qui se bouche, une raie qui semble s’élargir : avant de chercher un traitement, il faut savoir pourquoi vos cheveux tombent. Selon la cause, la bonne réponse va de « ne rien faire, ça va repousser » à « consulter rapidement ». La plupart des chutes ont l’une des neuf causes ci-dessous, et quelques indices simples suffisent souvent à savoir laquelle vous concerne.

Cet article aide à s’orienter, il ne remplace pas un avis médical. Une chute brutale, en plaques, accompagnée d’autres symptômes ou qui dure plus de trois mois justifie une consultation et souvent une prise de sang.

L’essentiel

  • 50 à 100 cheveux par jour, c’est normal. Ce qui compte, c’est une chute qui augmente nettement ou une densité qui baisse.
  • La cause la plus fréquente d’une chute soudaine : un choc survenu deux à trois mois plus tôt (stress, fièvre, accouchement, régime). Elle repousse seule.
  • La cause la plus fréquente d’une chute progressive : l’hérédité, chez l’homme comme chez la femme.
  • À vérifier par une prise de sang : le fer, la thyroïde, la vitamine D.
  • Des plaques sans cheveux : c’est une pelade jusqu’à preuve du contraire, à montrer à un médecin.

Diagnostic express : quelle est votre situation ?

Ce que vous observezCause probableÀ lire
Chute soudaine, diffuse, sur toute la tête, quelques mois après un événement marquantChute réactionnelle (effluvium télogène)Cause 1
Golfes qui reculent, sommet qui s’éclaircit, sur des années (homme)Calvitie héréditaireCalvitie homme
Raie qui s’élargit, sommet plus clairsemé, ligne frontale conservée (femme)Alopécie androgénétique féminineCause 2
Chute diffuse avec fatigue, pâleur, règles abondantes ou régime végétalienCarence en fer ou en vitaminesCause 3
Chute avec fatigue, frilosité, prise ou perte de poids, palpitationsTrouble de la thyroïdeCause 4
Chute 2 à 4 mois après un accouchementChute post-partumChute post-partum
Chute qui commence après un nouveau médicamentCause médicamenteuseCause 5
Plaques rondes, lisses, sans cheveux, parfois dans la barbe ou les sourcilsPeladeCause 6
Chute avec démangeaisons, squames, rougeurs ou croûtesMaladie du cuir cheveluCause 7
Recul des cheveux sur les tempes, coiffures serrées ou extensionsAlopécie de tractionCause 8
Un peu plus de cheveux tombés en automne, sans perte de densitéChute saisonnièreCause 9

D’abord : chute ou casse ?

Femme retirant des cheveux tombés de sa brosse
Regardez la racine d’un cheveu tombé : elle dit s’il s’agit d’une chute ou d’une casse.

Ramassez quelques cheveux tombés et regardez leur extrémité. Un cheveu avec une petite boule blanchâtre à la racine est un cheveu tombé avec son bulbe : c’est une vraie chute. Des morceaux de cheveux de longueurs variables, sans bulbe, signent une casse, due le plus souvent aux décolorations, à la chaleur ou aux brossages agressifs. La casse se traite par des soins et moins d’agressions, pas comme une chute.

Le test de traction : sur cheveux non lavés depuis la veille, prenez une mèche d’une soixantaine de cheveux entre le pouce et l’index et tirez doucement en glissant. Si plus de six cheveux viennent, la chute est active. Répétez à plusieurs endroits du crâne.

1. La chute réactionnelle : la plus fréquente des chutes soudaines

Un choc pour l’organisme fait passer d’un coup beaucoup de cheveux en phase de repos ; ils tombent deux à trois mois plus tard. C’est ce décalage qui trompe : on ne pense plus à la cause quand la chute commence.

  • Les déclencheurs : forte fièvre ou infection (la COVID-19 en a été un exemple fréquent), intervention chirurgicale, accouchement, régime strict ou perte de poids rapide, stress intense, arrêt d’une pilule contraceptive.
  • Comment la reconnaître : chute diffuse, abondante, sur toute la tête, sans plaques.
  • Ce qu’il faut faire : identifier et corriger la cause, vérifier le fer. La chute s’arrête en général en quelques mois, et les cheveux repoussent d’eux-mêmes.

2. L’hérédité : la cause la plus fréquente d’une chute qui s’installe

L’alopécie androgénétique touche environ un homme sur deux à 50 ans, et une part importante des femmes, surtout après la ménopause. Les follicules sensibles aux hormones masculines rapetissent cycle après cycle et produisent des cheveux de plus en plus fins.

  • Chez l’homme : golfes, puis sommet du crâne. Tout est détaillé dans notre guide de la calvitie chez l’homme.
  • Chez la femme : la raie s’élargit, le dessus du crâne s’éclaircit, la ligne frontale reste en place. Si s’y ajoutent de l’acné, une pilosité nouvelle ou des règles irrégulières, un bilan hormonal s’impose.
  • Ce qu’il faut faire : le traitement de référence est le minoxidil, voir notre article minoxidil et finastéride. Plus il est commencé tôt, plus il préserve de cheveux.

3. Les carences : fer en tête

Le manque de fer est l’une des premières causes de chute diffuse chez la femme, à cause des règles abondantes, des grossesses ou d’une alimentation pauvre en fer. Il se dépiste par le dosage de la ferritine, et peut faire tomber les cheveux même sans anémie. La vitamine D, la B12, les folates, le zinc et un apport insuffisant en protéines sont d’autres causes possibles.

Ce qu’il faut faire : une prise de sang plutôt que des gélules au hasard. Une carence confirmée se corrige sur prescription et relance la pousse en quelques mois. Notre guide des vitamines pour les cheveux détaille chaque nutriment et les excès à éviter.

4. Les hormones et la thyroïde

  • La thyroïde : un fonctionnement trop lent ou trop rapide fait tomber les cheveux. Fatigue, frilosité ou au contraire palpitations, variations de poids : un dosage de la TSH tranche.
  • L’après-accouchement : la baisse des œstrogènes provoque une chute deux à quatre mois après la naissance. Voir notre article sur la chute post-partum.
  • Le syndrome des ovaires polykystiques : un excès d’hormones masculines peut révéler une alopécie androgénétique, avec acné et règles irrégulières.
  • La ménopause et l’arrêt de la pilule : les variations hormonales peuvent déclencher ou accélérer une chute.

5. Les médicaments

De nombreux médicaments peuvent faire tomber les cheveux, en général deux à trois mois après le début du traitement : certains anticoagulants, les rétinoïdes (contre l’acné ou le psoriasis), les antithyroïdiens, le lithium, certains antiépileptiques et antidépresseurs, les bêtabloquants, le méthotrexate. Les chimiothérapies, elles, provoquent une chute rapide et massive, différente des autres.

Ce qu’il faut faire : en parler au médecin qui a prescrit le traitement. N’arrêtez jamais un médicament de vous-même : une alternative existe souvent, et la chute s’arrête après l’arrêt ou le changement de traitement.

6. La pelade

Maladie auto-immune, elle donne des plaques rondes, lisses, bien délimitées, sans rougeur ni squames, parfois dans la barbe, les sourcils ou les cils. Elle peut survenir à tout âge et touche environ 2 % de la population au cours de la vie. Les cheveux repoussent souvent spontanément, d’abord fins et blancs, mais l’évolution est imprévisible. Une consultation chez le dermatologue s’impose : des traitements existent, dont des médicaments récents pour les formes étendues.

7. Les maladies du cuir chevelu

Une inflammation du cuir chevelu peut entraîner une chute, souvent passagère, surtout si on gratte : dermite séborrhéique, psoriasis, folliculite, ou teigne chez l’enfant. Des croûtes, des démangeaisons ou des rougeurs orientent vers cette cause. Plus rarement, des maladies dites cicatricielles (lichen plan pilaire, lupus) détruisent les follicules : des zones lisses et brillantes où rien ne repousse doivent être vues rapidement par un dermatologue.

8. La traction et les agressions

  • Les coiffures serrées : queues de cheval tendues, tresses, chignons, extensions et tissages tirent sur les follicules des tempes et du front. Repérée tôt, l’alopécie de traction est réversible ; installée depuis des années, elle peut devenir définitive.
  • Les traitements chimiques : défrisages, décolorations et lissages fragilisent surtout la tige du cheveu, ce qui donne de la casse.
  • L’arrachage compulsif (trichotillomanie) : des zones irrégulières aux cheveux de longueurs différentes. Il se traite avec un accompagnement adapté.

9. La chute saisonnière

Beaucoup de personnes perdent un peu plus de cheveux à l’automne. Le phénomène est modéré, dure quelques semaines et ne fait pas baisser la densité. Pas besoin de traitement : si la chute est forte, dure plus de deux ou trois mois ou laisse des zones clairsemées, cherchez une autre cause.

Quelle prise de sang demander ?

Examen du cuir chevelu au trichoscope par un professionnel
Le dermatologue examine souvent le cuir chevelu au dermatoscope pour préciser le diagnostic.

Votre médecin traitant décide des examens selon votre situation. Les plus courants :

ExamenCe qu’il recherche
Ferritine et numération formule sanguineCarence en fer, anémie
TSHTrouble de la thyroïde
Vitamine DCarence, très fréquente en hiver
Vitamine B12, folates, zincSelon l’alimentation et le contexte
Bilan hormonalChez la femme, en cas d’acné, de pilosité nouvelle ou de règles irrégulières

Si vous prenez des compléments à base de biotine, signalez-le avant la prise de sang : elle peut fausser le dosage de la TSH.

Quand consulter sans attendre ?

  • Des plaques sans cheveux, même petites.
  • Une chute brutale et massive, ou qui dure plus de trois mois.
  • Une chute avec fièvre, fatigue importante, perte de poids ou autres symptômes.
  • Un cuir chevelu douloureux, rouge, qui suinte, ou des zones lisses et brillantes.
  • Une chute chez un enfant.

Une fois la cause identifiée, notre guide des traitements contre la chute de cheveux présente ce qui marche pour chaque situation.

Questions fréquentes

Combien de cheveux perd-on par jour normalement ?

Entre 50 et 100 environ, davantage les jours de shampoing. Ce n’est pas le nombre qui doit inquiéter, mais une augmentation nette qui dure, ou une baisse visible de la densité.

Quelle est la cause la plus fréquente de la chute de cheveux ?

Pour une chute soudaine, un choc survenu deux à trois mois plus tôt : stress, fièvre, accouchement, régime. Pour une chute progressive, l’hérédité, chez l’homme comme chez la femme.

Le stress peut-il faire tomber les cheveux ?

Oui. Un stress intense peut déclencher une chute diffuse deux à trois mois plus tard. Elle s’arrête généralement en quelques mois, et les cheveux repoussent.

Quelle carence fait tomber les cheveux ?

Le manque de fer est la plus fréquente, surtout chez la femme. La vitamine D, la B12, les folates, le zinc et les protéines peuvent aussi être en cause. Une prise de sang permet de le vérifier.

Comment savoir si c’est une chute ou une casse ?

Regardez la racine : une petite boule blanche signifie que le cheveu est tombé avec son bulbe. Des morceaux sans bulbe, de longueurs différentes, indiquent une casse, due aux agressions chimiques ou thermiques.

Les cheveux repoussent-ils après une chute ?

Oui dans la plupart des cas : chute réactionnelle, carence corrigée, chute médicamenteuse ou post-partum. Une calvitie héréditaire, elle, continue sans traitement, et les maladies cicatricielles du cuir chevelu peuvent laisser des zones définitives.

Quel médecin consulter pour une chute de cheveux ?

Commencez par votre médecin traitant, qui peut prescrire une prise de sang et orienter vers un dermatologue si nécessaire, en particulier en cas de plaques ou de symptômes du cuir chevelu.

Sources

  1. Société française de dermatologie, fiches patients « Chute de cheveux », « Alopécie androgénétique » et « Pelade » : dermato-info.fr.
  2. Assurance maladie, « Chute de cheveux : causes et consultation » : ameli.fr.
  3. Vidal, « Chute de cheveux (alopécie) : causes et traitements » : vidal.fr.
  4. ANSM, information sur l’interférence de la biotine avec les analyses biologiques : ansm.sante.fr.

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